L’hyperchoix


Le choix et le sentiment de bien-être


La capacité de choisir apporte automatiquement, nous dit-on, un sentiment de liberté. Le besoin de choisir ce que l’on décide de faire de notre vie, de choisir nos relations, de choisir ce que nous consommons, comment on le consomme, où partir en vacances, quelle chaîne regarder à la télévision, quel film aller voir au cinéma.. Plus nous avons de possibilités, mieux ce serait.


Avoir une multitude de choix renforce le sentiment d’être acteur de sa vie et donc d’être plus autonome, plus épanoui et heureux n’est-ce pas ?



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plus de choix synonyme de bonheur ?



Certains chercheurs en psychologie l’affirment : Ryan et Deci, psychologues comportementalistes, ont mis en évidence un modèle, le TAD ou la Théorie de l’Auto Détermination. Selon eux, trois besoins fondamentaux contribuent au bien-être et à la bonne santé psychologique de l’homme. *1


Parmi ces trois, la liberté, caractérisée par l’autonomie et le choix.


Le monde occidental l’a communément admis et va jusqu’à considérer aujourd’hui que la liberté, l’autonomie et le choix sont les conditions d’une bonne santé psychologique.

Une société d’hyperchoix


Dans les années 70 la pénurie de choix nourrissait une forte anxiété. Mais commençait à croître rapidement un autre phénomène : la surabondance de choix. Déjà en 70 il fallait, pour acheter une voiture, plusieurs jours pour étudier les différentes marques, modèles et options afin de prendre une décision. Entre 1950 et 1963 aux États Unis, le nombre de savons et de détergents proposés par les supermarchés a augmenté de 300% !


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La standardisition

L’industrie était déjà en danger de produire plus de diversité qu’un acheteur pouvait en vouloir..*2


C’est parfait ! Plus on a le choix, plus on a de chance de trouver ce qui nous satisfait ?!


Pourtant, ce qui se développe en parallèle dans le monde en devenir de notre monde « moderne » laisse perplexe.


Une augmentation sans commune mesure des dépressions et des suicides. Un malaise permanent, une sorte d’insatisfaction latente, une recherche éperdue du bonheur (à travers une fois de plus la proposition d’une variété grandissante de techniques de bien-être) et le sentiment que la vie nous échappe, de ne pas avoir assez de temps..

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Comment concilier ces deux éléments, une possibilité de choix élargie considérée comme source de bien-être et un malaise humain ne cessant de grandir et d’empirer ?


Trop de choix est paralysant !


Barry Schwartz , un professeur de psychologie met en évidence les problèmes psychologiques de la liberté et de l’autonomie en soutenant qu’avoir plus de choix n’est pas un plus. *3


Plusieurs expériences scientifiques démontrent que plus de choix s’avère démotivant. Il est pourtant logique de penser que plus le choix est grand, plus on a de chance de trouver quelque chose qui nous plaît et plus on sera libre d’ignorer les autres options. C’est pourtant clairement faux sur le plan psychologique.


« le fait que qu’un certain nombre de choix possibles soit bon ne veut pas dire que plus de choix soit meilleur » dit Schwartz.

Selon lui trois problèmes majeurs :


  1. L’information : comment avoir toutes les informations sur toutes les possibilités afin de choisir en connaissance de cause (problème de temps disponible) ;

  2. L’erreur : avec des possibilités plus nombreuses, nous pouvons commettre plus d’erreur de jugement (estime de soi, nécessité de corriger son erreur en en faisant encore plus la prochaine fois) ;

  3. Psychologie : l’excès de choix inquiète.


Les expériences psychologiques démontrent clairement que plus il y a de choix, plus les personnes agissent lentement. En parallèle, le rythme de vie accéléré que nous avons choisi de vivre demande une compréhension des données plus rapide ! Cette surcharge d’information amène une hyperstimulation cognitive qui conduit à la paralysie mentale. Notre système « bug ».



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Plus encore, la prise de décision a un coût élevé sur le psychisme : dépression, troubles de la personnalité, hyperactivité, détresse psychologique, névrose.. Au final les avantages de la diversité sont annulés par la complexité du processus de choix.

Questionnez-vous un instant : en considérant tout cela, comment percevez-vous ces chaînes Youtube fleurissantes où l’on nous montre mille et une façon de cuisiner ? Où l’on nous montre tant de pays à visiter ? Où l’on nous montre le choix incroyable de choses qu’on peut faire avec un peu de créativité ? Est-ce que connaître ces "possibles" est si aidant pour vous ?


Que pensez de toutes les activités sportives proposées à nos enfants ? Le multi-sport ? Est-ce vraiment si pertinent d’inscrire nos enfants à trois activités différentes par semaine, courir d’une à l’autre, sous prétexte qu’il est bon qu’il découvre tout le choix possible ? Dans les années 90, à mon adolescence, je voulais pratiquer du Kung-fu. Dans ma ville il n’y avait qu’un seul club d’arts martiaux et c’était du Karaté. Je m’y suis inscrit. Aujourd’hui le nombre de clubs d’arts martiaux est incroyablement nombreux ! Les styles sont innombrables, leurs promesses sur les bienfaits de leur pratique sont tous très enthousiasmants et leurs offres tarifaires très différentes.. au final il est bien difficile de faire le tri pour savoir lequel choisir !


Et nous ? Qu’est-ce qui nous fait nous éparpiller autant ? On ne se contente pas de pratiquer de la course à pied parce qu'on aime ça mais on fait aussi du vélo et de la boxe parce qu'on a vu à la télé que c’est bon pour la santé.. Et puis il faut acheter le nouvel appareil à la mode qui fait perdre du poids assis devant sa télé... Est-ce que je sais vraiment ce qui est bon pour moi ? L’offre répond-elle vraiment à mes besoins ?


Qu’est-ce qui nous convient vraiment ? Comment trouver réponse à cette question quand notre intellect est « harcelé » par tant de réponses potentielles ? Tout ceci nous éloigne ou nous rapproche de nous-même ?

Au final malgré un vaste choix à notre disposition nous faisons relativement tous les mêmes choses et nous diluons notre énergie ici et là, pour ce que nous n'avons pas véritablement choisi pour nous-même. Nous risquons alors d'aller tous dans la même direction et d’agir comme une « masse tout à fait cohérente », prévisible alors que nous recherchions le contraire, être libre et heureux.


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La liberté ?


L'hyperchoix amène à la standardisation


La disponibilité de choix donne peu de chances à prendre une décision avisée. Beaucoup se fient donc à la publicité pour orienter ses achats et deviennent de véritables esclaves de la pub et de tout ce qu’elle véhicule : mode.. Viennent aussi le phénomène des influenceurs des réseaux sociaux.. autant d’outils permettant d’économiser le processus de choix et amenant à une sorte de standardisation de masse. La réflexion personnelle diminue.


Cette standardisation des acheteurs amène une nouvelle réponse des vendeurs : une standardisation des produits et une diversification du même produit ! Ainsi on trouve une dizaine de type de jus d’orange et aucun ou très peu de jus de poire ou de cerise.



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La standardisation

Cette situation nous convient-elle ? Revenons en arrière, au fait de choisir. Choisir, n’est-ce pas peser, trier à l’aune de ses besoins ? C’est aussi assumer son choix. Explorer le sujet de la liberté humaine en excluant la responsabilité est-il raisonnable ? L’homme a-t-il su développer sa responsabilité de choisir ?


Responsabilité du choix ?


La responsabilité est une qualité difficile à assumer. Tellement difficile qu’il est plus aisé d’avoir des solutions toutes faites pour vivre plutôt que d’avoir à choisir : quand on fait les courses, quand on recherche une assurance, une mutuelle, un opérateur téléphone, un travail : comment travailler (mi-temps, temps complet…)..


Sans compter les nouveaux choix proposés par une société culturellement faible car laissant la place justement à plus d’individuation : quel type de relation amoureuse entreprendre ? Même l’identité personnelle peut être un choix ! Encore plus, le « genre » aussi relèverait du choix !


La réflexion sur soi à été déléguée à d’autre. Est-ce bien raisonnable de confier à une société colorée de matérialisme la détermination de ce qui nous convient ? Une société forte culturellement est imprégnée de valeurs humaines. Les sociétés occidentales dites « modernes » sont-elles à la hauteur sur le plan de ces valeurs ?



Quels comportements adopter ?


Selon la personnalité et sa construction à travers le temps (enfance, culture, éducation reçue, amis et fréquentation..) certains traits caractéristiques se dessinent en l’homme. Dans le domaine du choix, il est possible de distinguer deux modes de fonctionnement :


  1. Les Satisfaiseurs, qui se content de ce qui leur suffit, ils sont en quelque sorte minimalistes ;

  2. Les Maximiseurs, pour qui il est nécessaire d’avoir toujours le meilleur, de choisir la meilleure option possible.


Évidement face à l’hyperchoix ces deux attitudes ne produisent pas les mêmes résultats. Une étude réalisée par Iyengar, Wells et Schwartz (2006) a suivi les demandeurs d'emploi et a révélé que même si les maximiseurs étaient capables de trouver des emplois avec des salaires de départ 20% plus élevés que les satisfaisants, ils étaient moins satisfaits à la fois du processus de recherche d'emploi et de l'emploi qu'ils occupaient. Ainsi, bien que les maximiseurs aient pu trouver des options objectivement meilleures, ils ont fini par se détériorer subjectivement. *4


Le piège de maximiser :


  • Le meilleur deal, la meilleur option ne dure jamais longtemps. D’autres vont se présenter alors la personne est amener à regretter !

  • De plus ces personnes ont une exigence et des attentes élevées et par conséquent, n’ont que très peu de chance d’être satisfaits.

  • Le temps utiliser à rechercher des bonnes affaires est passé loin de la famille et des amis proches.

  • La personnalité de maximiseur est associée au regret, à la dépression, au perfectionnisme, à la comparaison sociale, au névrotisme..

  • Elle ne produit pas de satisfaction, encore moins au bonheur ou à une bonne image de soi.



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Le paradoxe, la surabondance et le malaise

Schwartz propose ces conseils *5 :


  • Se contenter de moins, de se satisfaire de ce que l’on a.

  • Réduire nos attentes, les attentes déçues amènent à la frustration et la dépression.

  • Regretter moins et se sentir reconnaissant de ce que la vie nous apporte.

  • Apprendre à choisir quand cela en vaut la peine.

  • Se tenir à nos choix, sans changer d’avis.

  • Apprendre à aimer les contraintes (le travail, s’occuper des enfants..) qui réduisent l’éventail de choix.

  • Créer ses propres règles de choix qui nous épargnent la réflexion permanente.


Et vous ? Quelle type de décideur êtes-vous ? Passez le test à la fin de cet article.


Ce qu'un accompagnement professionnel permet ?


Réduire nos attentes, apprendre à choisir, se contenter de moins.. ces conseils sont pertinents mais est-ce si simple à faire ? Il est question de prise de changement de comportement. En réalité, ce qui fait souffrir est fortement enraciné. La souffrance intérieure provoquée par ces mécanismes inconscients possède une force d’inertie considérable. Enracinée en nous, alimentée au quotidien par nos propres actions, il est souvent difficile d’y remédier pour changer de comportement.


Au fond, c’est la question du : qui sommes-nous ? Connais toi toi-même pour vivre mieux.. C’est là qu’un accompagnement est très pertinent !


Un accompagnement professionnel permet justement de faire le point, de déterminer ce qui est important pour soi, de conscientiser ses faiblesses et ses forces et de mettre en place des actions personnelles et précises visant à corriger les attitudes qui créent un malaise. Modifier ses comportements n’est pas chose facile.

En explorant la personnalité sous tous ses angles, l’environnement, les relations, les systèmes dans lesquels la personne évolue, son ressenti, ses sentiments.. l’accompagnement permet de dresser une « photo » de la situation présente de l’individu. Cette situation où potentiellement il y a un malaise, est analysée dans toute sa globalité. C’est la systémie.


A partir de ce présent, il s’agit de se projeter vers le futur, vers une situation satisfaisante, vers ce que souhaite la personne. Cette situation sera un objectif. Cet objectif sera analysé précisément afin qu’il soit concret, atteignable, engageant, motivant..


Un partenariat entre l’accompagnant et l’accompagné sera alors engagé vers l’atteinte de cet objectif clairement déterminé. Les moyens mis à la disposition de la personne sont des questions pertinentes, des outils et techniques issues de la psychologie, de la sociologie, du management, de la communication, de la gestion de projet et la mise en place d’un système de suivi.. Tout un package précisément et pertinemment choisi pour la situation précise de l’accompagné.


L’ensemble de ce processus se déroule au sein d’un partenariat encadré professionnellement, de bienveillant et de respect. C’est dans ces conditions que seront soutenus les efforts à déployer par l’accompagné pour atteindre l’objectif visé. Confiant dans le processus, rassuré par le cadre, il pourra tirer profit de ce contexte favorable l’amenant peu à peu vers son objectif mais aussi vers plus d’autonomie !


Accompagnement, introspection, co-construction, soutien, bienveillance, respect, suivi.. voici quelques éléments clés du processus engagé pour une réforme profonde et pérenne.


Libérez-vous de la tyranie de l'hyperchoix et de sa standardisation !


Comme souvent je parle de prévention et d'anticipation. Nous avons vu les conséquences de se laisser aller aveuglément dans ce système, le risque de pathologies psychologiques sérieuses nécessitant le suivi d'une thérapie pour en guérir. Agissons avant !

Il est possible d'agir avant, reprendre "la main" sur tout cela en s'engageant dans une démarche de modification de comportements.


Certains ont les ressources pour le faire seul, d'autres auront besoin d'être accompagnés, l'essentiel est de s'y engager. Vous aurez besoin de méthode, de rigueur, de temps, de patience ,de courage, de soutien.. C'est un chemin semer d'embûches que de changer des comportements. Il faut s'attendre à des lourdes difficultés, à l'échec, à des rechutes..



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L'accompagnement professionnel rend autonome

..la liberté est coûteuse mais en posséder ne serait-ce qu'un peu plus, change la façon de percevoir la vie ! Bien pensés, aucun de vos efforts ne sera inutile !
 

TEST


A quel point les affirmations suivantes vous correspondent-elles ?



Ne me correspondent pas du tout 1 2 3 4 5 Me correspond tout à fait



1.Que je sois satisfait ou non de mon poste actuel, je garde toujours un œil sur d’autres opportunités.


2. Lorsque j’écoute la radio, je change souvent de station. Je veux savoir s’il y a quelque chose de mieux ailleurs, même quand j’aime ce que j’écoute.


3. J’ai du mal à trouver des cadeaux pour mes amis.


4. J’ai du mal à me décider pour un film (sur Netflix..).


5. Je ne me contente jamais du second choix.


6. Dans tout ce que je fais, j’ai des attentes très élevées.



Comptez vos points et divisez le total par 6. Moins de 4, vous êtes probablement un satisfaiseur, plus de 4 un maximiseur.



 

1 * le second étant la compétence (besoin d’avoir confiance en soi et ce qu’on fait), le 3éme étant l’apparentement (besoin de connexion humaines stables et sécurisantes).

2* Ilona Boniwell : Introduction à la psychologie positive

3* Le paradoxe du choix : comment la culture de l’abondance éloigne du bonheur – Barry Schwartz – 2000

4* Maximisation (psychologie) - https://fr.qaz.wiki/wiki/Maximization_(psychology)

5 *Schwartz : le paradoxe du choix : si la culture de l’abondance nous éloignait du bonheur ? 2009